Publicité

La famille et le désir d’enfant ne se dissolvent pas dans l’idéologie

9 février, 2010
parent-enfant - scolablog.net

parent-enfant - scolablog.net

Ces derniers temps ont été l’occasion d’une densification des échanges sur les questions plus ou moins élargies de la parenté et de l’enfant lorsqu’elles concernent des adultes homosexuell(e)s. Comme presque toujours, les idées qui se font le plus entendre n’échappent pas à la caricature d’elles-mêmes, sans que personne au fond ne puisse vraiment avancer dans sa réflexion, car de toutes évidences ces interrogations interpellent beaucoup de monde ce qui n’est pas tellement étonnant vue leurs importances. Je n’ai pas la prétention d’apporter quoi que ce soit de plus pertinent ou de plus essentiel à ce qui fait débat. Disons plutôt un point de vue singulier.

Pour aujourd’hui on se contentera de l’idéologie, c’est le titre. Basons-nous sur les politiques, choisissons en deux particulièrement significatifs de leurs combats : Christine Boutin et Gilles Bon-Maury. Ils ont bien plus en commun que de divergences fondamentales quand ils semblent ne partager que le goût pour l’engagement politique et qu’ils s’opposent de leurs conceptions familialistes. L’une se bat contre un dessin animé traitant de l’amour homosexuel qui mettrait en péril une certaine conception de la tradition familiale comme fondement culturel, quand l’autre défend une soi-disant post-modernité de l’invention perpétuelle familiale pour aujourd’hui et demain dans la marche du progrès réaliste. Ce qu’ils partagent – tous ces responsables partisans – réside en ceci : échapper au sexuel (freudien) par le politique.

Tout cela serait amusant si les responsables politiques, ceux-ci et d’autres, n’avaient pas la charge et l’opportunité de faire le débat publique quand ils se contentent de le polluer. Rien de la tradition ni de la modernité dont ils parlent n’a vraiment d’importance pour apprécier ce que la famille comme organisation symbolique et modèle social possède de qualités pour penser son avenir. De ceci ils n’en savent pas grand chose, manifestement.

Ni la famille, ni le désir d’enfant ne peuvent être dissouts dans l’idéologie, ou bien ceci concrétiserait de la manière la plus cruelle comment le politique vient trop souvent au secours du sexuel (peut-il en être différemment ?). La vie quotidienne dont ils se réclament (les politiques) pour apporter des “preuves” à mettre au compte de leurs thèses respectives est bien éloignée de ce que les cliniciens rencontrent d’une autre vie quotidienne, celle de la vie des émotions, du psychisme et des affects des parents et des enfants.

Dans les familles que l’on nomme bien mal “homoparentales” – comme s’il existait une hétéroparentalité distincte d’une homoparentalité ce qui n’a aucun sens – la seule chose qui différencie radicalement les conditions du désir d’enfant réside dans l’anticipation jusqu’à être forcenée d’un projet qui pour la majorité d’entre nous tous qui sommes venus à naître un jour n’a pas eu tant de développement dans la concertation parentale. Ceci est important car le devenir parent ne repose que sur l’idée que l’on s’en fait quand on veut en faire une idée à penser. La plupart le deviennent sans y avoir penser, d’autres de l’avoir trop réfléchi : sont-ce de mauvaises conditions ? Qui peut dire quelque chose sur ceci ?

Au final, il n’y a jamais que des adultes qui deviennent pour une part des pères et une autre part des mères, avec ou sans options. Vouloir en faire un projet politique pro ou contre révolutionnaire ou traditionaliste relève au mieux d’une mystique bas de gamme, au pire d’une idéologie délirante. Car du quotidien dont il faut à priori se réclamer pour avoir l’air d’être fourni en munitions, nous ne pouvons décemment retenir que l’invention et la créativité des enfants en questions, trop heureux et malins de venir bousculer ce que leurs parents avaient pensé pour eux de la bonne ou de la mauvaise façon qu’il leur serait donner de vivre et de grandir. Et sur ce point, les modes de vies affectives et sexuelles des parents concernés n’y changent rien. Les potentiels d’émerveillement et de catastrophes sont équivalents, n’en déplaise aux conservateurs ou aux progressistes, rien de ce qu’ils regrettent ou rêvent pour un avenir meilleur ou moins pire n’y changera jamais rien de rien : personne ne fait d’enfant parce que c’est politique à moins d’être fou !

Quand l’organisation sociale fait défaut pour que les familles soient solides et que les enfants soient élevés et aimés dans de bonnes conditions (le statut de beau parent entre autre question), ce n’est pas au nom des valeurs culturelles que les combats doivent être menés. Car ces luttes pour ces conceptions divergents ne flattent que les idéologies des parents et des adultes trop centrés sur ce qui devrait se fonder d’une nécessité enfantine : de respecter les droits de l’enfant, au-delà des ambitions idéologiques et partisanes.

Demandez-leur aux marmailles, ils vous le diront !

S’INSCRIRE A CE BLOG ? : c’est ICI

1   |

Un commentaire sur “La famille et le désir d’enfant ne se dissolvent pas dans l’idéologie”

  1. c’est excellent

Commenter