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Pour en finir avec le Queer : Lady Gaga ? … Mais non, Yagg !

25 janvier, 2010
Lady Gaga - Le nain graincheux

Lady Gaga - Le nain graincheux

Mais qui donc voudrait en finir avec le Queer ? On se le demande ! Alors disons plutôt que la question serait : par quel moyens franchir un pas de plus dans nos élucubrations sur la vie psychique et ses résonances virtuelles. Ça y est, c’est ici que tout le monde décroche, c’est le brouillard, c’est le bullshit (comme ça j’ai l’air d’écrire comme Didier Lestrade / voir plus loin le rapport avec Lady Gaga). Résumons les épisodes précédents. Aux premiers temps étaient les espaces virtuels d’échanges. Qui dit espace d’échange dit possibilité de faire des commentaires, nous avons longuement évoqué quelques traits de cette question.

Le point essentiel à retenir, sans reprendre les articles précédents (le premier, le second), repose sur la déformation des conditions d’échanges et de dialogues ordinaires, qui, sur internet, encouragent la survenue de phénomènes spécifiques. Rappelons-les succinctement, le premier s’appelle l’art du commentaire, le second tourne principalement autour de la tentation paranoïaque.

Ni les auteurs ni les lecteurs n’échappent à l’un et l’autre de ces effets de la socialité virtuelle : vérification répétée de la fréquentation des articles publiés, réponse trop rapide aux commentaires qui dérangent, animosité des propos, grossièreté, sentiment de légère persécution à l’égard de certains, vérification incessante des commentaires aux commentaires, sentiment d’incompréhension de sa pensée, diffamation, irritabilité bien réelle sur espace bien virtuel, etc… On pourrait, au fond, écrire un traité de la psychopathologie virtuelle.

Mais quel rapport avec Lady Gaga ? C’est pourtant très simple !

La virtualité donc, et ses espaces d’échanges, nous conduit sans détours à questionner l’identité au sens large, et soyons précis, l’identité sexuelle qui est engagée par unE YaggeurE. Quelle est donc que cette possible nouvelle identité sexuelle que le “YaggeurE”. Alors oui, en effet, en l’écrivant de cette manière, la manipulation rhétorique est avouée, le procédé transparent. Le supplément du “E” performe l’orthographe du nom propre substantivé pour l’inscrire au rang des étiquettes, doit-on craindre de diagnostic ? Prenons ce risque temporaire pour avancer un peu, car Lady Gaga n’attend pas, le Queer non plus du reste.

Mais qui se cache derrière un “Yaggeur” ou une “Yaggeuse”, comme le veut l’usage ? Facile, ici on découvre une femme, ici un homme, un transsexuel, un homosexuel, un bisexuel, une mère de famille, une transgenre, etc … Mais quand on a dit cela, a-t-on vraiment pris la mesure de l’identité YaggeurE ? Nous risquons d’ignorer, en allant trop vite, l’intérêt principal de l’aventure identitaire d’un espace virtuel d’échange comme celui-ci (et qui vaut bien quelques concessions à quelques symptômes psychopathologiques).

L’identité Queer est qualifiée d’identité sans essence au sens où elle transfigure et dépasse par essence les fils de plombs qui contraignent ordinairement les identités qui s’affirment et se déclarent, en particulier les identités sexuelles. C’est dit-on son intérêt, sa subversion, son pouvoir d’agir sur les normes et sur les mots (performativité). Mais qu’en est-il du Queer qui s’expatrie sur internet ? Quels déformations et dépassements supplémentaires l’espace virtuel permet-il théoriquement d’atteindre que le Queer n’offre pas, d’être malgré tout, indissociable d’une incarnation, quand bien même contestée ?

Queer versus YaggeurE, mais Lady Gaga dans tout ça ? C’est pourtant très simple !

Mais est-ce qu’unE Queer peut être unE YaggeurE ? De le devenir (unE YaggeurE) ne l’oblige-t-ilE pas à renoncer à son crossing initial (d’être devenu Queer, parce qu’on le devient, dit-on) ? Que reste-t-il du Queer au-delà d’unE YaggeurE, quand l’immensité des personnes sexuellement en réflexion semble ne plus pouvoir échapper à l’étiquette ? Surprise, joie pour les uns, peut-être rien.

Peut-être bien qu’au final le Queer ne survit pas à Lady Gaga. Non, … euh, à Yagg. Peut-être qu’en assumant la virtualité de certains de ses espaces d’échange, unE YaggeurE redécouvre mécaniquement un accès à l’hallucination nécessaire du quotidien quand un être sexué rêve à exister, sans détours ni court-circuits imaginaire/ réalité.

Peut-être bien qu’au final unE YaggeurE devient une identité sexuelle virtuelle à part entière, une identité sexuelle post-Queer : enfin! Mais pas sans conditions, encore faut-il qu’unE YaggeurE s’en réclame, d’en être. Et là, la théorie ne sert à rien, comme souvent, quand elle s’amuse d’oublier qu’entre Hégel et la rue, il y a gap que la plupart ne franchisse pas : manifestement tout ne se traverse pas !

Ah bah oui, mais forcément, c’est de la causerie de psy. Certes. Mais grâce à Lady Gaga, et Didier Lestrade, je suis sûr d’avoir plus de visite que d’habitude, et j’ai même pas eu besoin de parler de sida. Et soyons clair, Lady Gaga n’a rien à voir avec le Queer, vraiment pas. Et je ne crois pas que cela intéresse tellement Didier Lestrade non plus.

C’est drôle comme de virtuel, le marketing n’entend pas …

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3 Commentaires sur “Pour en finir avec le Queer : Lady Gaga ? … Mais non, Yagg !”

  1. La psychologie est la science qui vous apprend des choses que vous savez déjà en des termes que vous ne comprenez pas.
    [Jean Nohain]
    ;) )

  2. Il y a nombre de points sur lesquels je ne suis pas en accord avec vous Mr. Bourseul , encore une fois …MAIS , ce coup-ci , je vous suis en cela : ” LE MARKETING N ‘ ENTEND PAS ” …
    Là , nous nous rejoignons !

  3. “Quels déformations et dépassements supplémentaires l’espace virtuel permet-il théoriquement d’atteindre que le Queer n’offre pas, d’être malgré tout, indissociable d’une incarnation, quand bien même contestée ?”

    Amors là, vraiment non. Je n’entends rien !

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