Virtualité, hypnose et paranoïa

satellite - maison de la science.
Les espaces virtuels n’encouragent pas seulement une confusion entre la possibilité d’une expression et la croyance dans la valeur de celle-ci (voir cet article). Ils négligent non sans malice l’appétence de l’internaute à s’accorder à ce qu’il voit : la réalité virtuelle s’accroche sur une trame sensible, invisible où se projette l’incroyable effort de représentation quasi fantasmatique de celle ou celui qui la créée. Cet immense pouvoir de suggestion auto-administrée confine à l’auto-hypnose dont internet permet l’avènement : qui n’a pas perdu la notion du temps qui passe, ou bu ou fumé ou mangé bien plus qu’il ne le pensait pendant une séance de surf sur internet qui paraissait n’avoir duré qu’un court instant quand l’horloge en indique plusieurs heures ? C’est très exactement une série de conséquences propres aux phénomènes hypnotiques.
Ce constat permet d’isoler une question récurrente et visible dans ses manifestations les plus spectaculaires : qui sont ces “paranoïaques” ? L’agressivité est souvent de mise dans les commentaires sur les forums, blogs et rubriques d’actualités. Ceci est repérable sur tous les espaces virtuels d’échanges, que ceux-ci soient des communautés, des sites de rencontres ou des médias, qu’importe. Mais pourquoi donc certains, nombreux, ont-ils l’air de faire la guerre ? Certes, il ne s’agit le plus souvent que d’idées ou de raisonnements qui s’affrontent, mais quand les fers croisent ainsi, la violence des échanges en milieu tempéré est empreinte d’une irruptivité affligeante, inefficace, grossière, transgressive … inexplicable ?
La proximité entre l’envie et l’acte, sur internet, est déconditionnée en comparaison de la “vie réelle”, dans un environnement qui écrase les paramètres ordinaires. On pourrait dire que la pulsion s’abat sans délai et se satisfait du premier lot de fortune qui passe : intervenir, réagir. Évidemment cette satisfaction est fugace, et mieux vaut pouvoir s’y adonner de nouveau dans un délai bref avant que la frustration n’émerge. C’est schématique et caricatural de le formuler ainsi mais c’est pourtant une bonne façon d’entendre ce qui se passe.
L’irréalité hypnotique de l’espace virtuel permet que ce qui motive la pensée soit dégagé des règles imposées par l’altérité des rapports sociaux. C’est bien parce qu’au fond l’autre n’y est pas (sauf dans une représentation désincarnée) qu’internet flatte une espèce de débordement réactif aux reflets paranoïaques. Alors bien sûr, on est pas dans la grande psychopathologie, ce ne sont ici que de petites manifestations du petit quotidien. Néanmoins, cela nous mène à considérer quelque chose d’une ouverture à la vie psychique et de ses raisonnances virtuelles.
Les internautes sont donc invités à véritablement “passer en mode” virtuel quand ils et elles se promènent sur la toile. Les règles de communication sont on le sait modifiées, mais force est de constater que nulle n’ignore cet aspect et que la plupart démontrent un savoir faire et une habileté dans le maniement de leurs moindres caractères.
Nous évoquions ici il y a peu l’art du commentaire, et il faut le relier très directement aux évolutions que toutes ces découvertes provoquent. De nombreux sites d’informations où les articles sont “commentables” ont développé au fur et à mesure leurs environnements virtuels en valorisant notamment les commentaires pour dégager et mettre en avant ceux qui contribuent d’une manière significative au débat ; et parce que ceci est bien fait, dans une perspective de déploiement des arguments dans le respect de certaines règles communes, la possibilité d’expression tous azimuts a pris de la valeur et l’art du commentaire offre d’accéder à un certain art du débat et de la contradiction : plus besoin de vouloir seulement déposer sa petite affaire, parce qu’il y a mieux.
Une hiérarchie s’instaure, l’altérité renait ; l’échange social retrouve quelques conditions de sa possibilité. Il y a fort à parier cependant que ces régulations ne verront jamais le jour quand il est question d’un échange sexuel négocié via internent sur des sites de “drague et de rencontre”: le désir ne s’accommode qu’assez mal d’une réalité trop frappée.
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Oui , oh , n ‘ exagérons rien Mr. Bourseul ! C ‘ est vous qui faites dans la parano ici . Mon Dieu , on savait les psychanalystes ( ou ceux qui sont fortement influencés par ces derniers ) adeptes des pseudo-sciences ( la psychanalyse entrant dans la catégorie de ces dernières ) , on ne les savait pas adeptes de la para-psychologie ! Vous semblez en connaître un rayon sur ” une ” pseudo-hypnose .
Comme quoi , des chapelles , il s ‘ en bâtit tous les jours dans votre contrée .
Pour ce qui est de la virulence des débats …Je crois que si vous voulez éviter de vous couvrir de ridicule , vous feriez mieux de ne pas trop jeter la pierre sur Pierre , Paul ou Jacques ….Que pensez-vous ( juste un exemple parmi TANT d ‘ autres ) de l ‘ attitude d ‘ Elisabeth Roudinesco ? Dites-nous donc .